Biochar pour la sidérurgie : remplacer le coke et l'anthracite pour réduire les coûts CBAM et EU ETS

· 7 min de lecture · Pamecarbon

Biocarbone calciné pour la sidérurgie, substitut du coke et de l'anthracite prêt à l'expédition

Le biochar pour la sidérurgie est passé des projets pilotes aux priorités des acheteurs. Le CBAM (MACF) est entré dans sa phase définitive, les quotas gratuits de l’EU ETS diminuent chaque année, et chaque tonne de coke, d’anthracite ou de charbon remplacée par du carbone renouvelable a un effet direct sur les coûts. Ce guide explique où le biocarbone fonctionne réellement comme substitut du coke, pourquoi son carbone est compté comme zéro émission et comment organiser un essai sans risque pour la production.

Pourquoi les sidérurgistes cherchent des substituts au charbon maintenant

Pendant des années, la décarbonation de la sidérurgie relevait surtout du reporting. Tout a changé le 1er janvier 2026 : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF, ou CBAM) est entré dans sa phase définitive. Les importateurs de fer et d’acier, mais aussi d’aluminium, de ciment, d’engrais, d’hydrogène et d’électricité, paient désormais les émissions intrinsèques de leurs marchandises en restituant des certificats CBAM.

Parallèlement, l’allocation gratuite de quotas EU ETS pour ces secteurs est supprimée progressivement entre 2026 et 2034. Les producteurs européens paieront une part croissante de leurs émissions de scope 1, et les exportateurs vers l’UE retrouveront le même coût carbone à la frontière. Dans les deux cas, le carbone fossile utilisé comme réducteur ou comme carbone de charge est l’une des sources d’émissions les plus importantes et les plus directes.

La question des acheteurs est donc très concrète : quelle part de notre consommation de coke, d’anthracite et de charbon peut-on remplacer dès aujourd’hui par du carbone renouvelable, sans modifier le four ni la nuance d’acier ?

Où le biocarbone peut remplacer le carbone fossile

Le biochar n’est pas un substitut universel. Le taux de substitution dépend du procédé, de la charge mécanique supportée par le carbone et de la conception du four. Le tableau ci-dessous résume où le biocarbone calciné sert de substitut du coke et jusqu’où la substitution va généralement.

ProcédéCarbone fossile utiliséRôle du biocarboneNiveau de substitution
Four à arc électrique (FAE) — carbone de chargeAnthracite, poussier de cokeApport de carbone dans la charge de ferraille, ajuste la teneur en carbone du bainTotale dans de nombreux cas
FAE — injection pour laitier moussantAnthracite, coke de pétroleLes fines injectées réagissent avec FeO, font mousser le laitier et protègent les réfractairesTotale ou partielle selon la granulométrie
Haut fourneau — PCICharbon pulvériséRemplacement partiel du charbon injecté aux tuyèresPartielle, après essais
Haut fourneau — coke noisetteCoke de petit calibre mélangé au mineraiRemplacement partiel lorsque la résistance mécanique le permetPartielle, après essais
Ferroalliages / ferrochrome en four à arc submergé (SAF)Coke métallurgique, charbonRéducteur biosourcé ; sa résistivité électrique plus élevée peut favoriser la conduite du fourPartielle, après essais

Le point d’entrée le plus simple est le four à arc électrique : le carbone de charge et d’injection ne supporte pas le poids de la colonne de charge, si bien que la chimie et la granulométrie comptent davantage que la résistance. Au haut fourneau et en production de ferrochrome, le réducteur doit résister à la pression et à l’abrasion ; la substitution y est donc partielle et toujours validée par des essais. Toutes les utilisations sont détaillées sur notre page applications du biocarbone en métallurgie.

Four à arc électrique d'aciérie utilisant du biochar comme carbone de charge et d'injection

Pourquoi le biocarbone est compté comme zéro émission

Le carbone du biochar provient de plantes qui ont absorbé du CO₂ atmosphérique pendant leur croissance. Lorsque ce carbone biogénique est oxydé dans le four, il restitue ce même CO₂ sans ajouter de carbone fossile au cycle. Selon les règles de l’EU ETS, les émissions issues de biomasse durable sont comptées comme nulles (neutres pour le climat) : chaque tonne de réducteur fossile remplacée diminue les émissions déclarées de l’usine.

Selon des recherches indépendantes, remplacer le charbon fossile par du biochar peut réduire de 70 à 90 % les émissions spécifiques de CO₂ par tonne d’acier dans les procédés concernés. Le chiffre réel d’une usine dépend du taux de substitution et de la filière, mais la tendance est claire : moins de carbone fossile, c’est moins de quotas à acheter et des émissions intrinsèques plus faibles dans la déclaration CBAM.

À retenir : le statut zéro émission suppose une biomasse durable. Pamecarbon utilise exclusivement des déchets de production agricole, jamais de bois — aucune déforestation — et fournit sur demande les documents d’origine de la matière première.

Des résidus qui se décomposeraient en libérant du CO₂ sont transformés en carbone stable, ce qui rend notre production carbone négative. Pour clarifier la terminologie, lisez notre article biochar calciné, biocharbon et biocoal : quelle différence.

Ce qu’une aciérie doit vérifier dans un biochar métallurgique

Tous les biochars ne conviennent pas à l’acier. Le biochar agricole présente souvent beaucoup de matières volatiles, des cendres variables et une chimie difficile à prévoir. Pour un réducteur métallurgique, les paramètres clés sont :

  • Carbone fixe — 85 à 95 % pour le biocarbone calciné, à partir de 80 % pour les qualités sans soufre et sans phosphore.
  • Phosphore — provoque la fragilité à froid de l’acier et passe du réducteur dans les ferroalliages, où son élimination coûte cher.
  • Soufre — forme du FeS, provoque la fragilité à chaud et réduit la ductilité.
  • Matières volatiles, cendres et humidité — minimales et stables d’un lot à l’autre.
  • Granulométrie — de 0–3 mm pour l’injection jusqu’à 25–50 mm pour les usages en morceaux ; fractions non standard sur demande.

Pamecarbon propose du biocarbone calciné, des qualités à faible teneur en phosphore et sans soufre, ainsi que du biocoal pour la métallurgie. Détails sur notre page produits : biocarbone calciné.

Pourquoi si peu de producteurs de biocarbone métallurgique

Fabriquer du biochar est relativement simple. Produire un biocarbone calciné aux propriétés constantes en volumes industriels ne l’est pas. La calcination élimine l’essentiel des matières volatiles restantes, augmente le carbone fixe et rend le comportement du matériau prévisible dans le four — mais elle exige des températures élevées, un pilotage précis du procédé et un flux de matière première stable.

C’est pourquoi le marché du biochar pour la sidérurgie reste limité par l’offre. Beaucoup d’usines qui veulent réduire leur exposition au CBAM peinent à trouver un fournisseur capable de livrer chaque mois la même spécification, avec une documentation de laboratoire complète, au-delà de quelques sacs d’essai. La terminologie ajoute à la confusion : le même produit s’appelle biochar, biocharbon, biocarbone ou biocoke selon l’auteur du cahier des charges.

Pour une aciérie, la régularité compte plus qu’un bon résultat de laboratoire isolé. Un réducteur dont les volatiles ou les cendres varient d’une livraison à l’autre oblige les opérateurs à réajuster les ajouts de carbone et la conduite du laitier, et l’économie s’évapore vite. Pour évaluer un fournisseur, demandez non pas une analyse type, mais les CoA de plusieurs lots consécutifs, et vérifiez qu’il peut tenir cette spécification au volume mensuel dont vous aurez besoin.

Comment mener un essai de biocarbone dans votre usine

Un essai structuré limite les risques et fournit à vos équipes techniques des données fiables. Nous recommandons les étapes suivantes :

  1. Définir l’application. Carbone de charge FAE, laitier moussant, PCI ou réducteur pour ferroalliages : chaque usage demande sa granulométrie et sa spécification.
  2. Demander des échantillons. Nous expédions 2 à 5 kg sous 5 à 7 jours ouvrés, avec les données de laboratoire.
  3. Vérifier le certificat d’analyse (CoA). Chaque lot est accompagné d’un CoA d’un laboratoire indépendant : carbone fixe, matières volatiles, cendres, humidité, soufre, phosphore et pouvoir calorifique.
  4. Tester un petit lot industriel. La première commande minimale est d’un conteneur (20 t), en big bags de 500 à 1000 kg, en sacs de 25 kg ou en vrac.
  5. Passer à l’échelle. Après un essai concluant, des livraisons régulières de 1 à plusieurs centaines de tonnes par mois sont possibles, y compris sous contrat long terme à volume et prix fixes.

Nous produisons à Kavak (Samsun, Turquie) et exportons via les ports de Samsun et d’Istanbul ; nous livrons partout en Europe par mer, rail ou route en une semaine environ. Nos clients se trouvent en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse et au Portugal. Pour les conditions d’achat, consultez notre guide pour acheter du biochar en vrac.

Prêt à tester le biochar dans votre procédé ? Demandez des échantillons et un CoA : nous vous proposerons la qualité et la granulométrie adaptées à votre four.

Questions fréquentes

Le biochar peut-il remplacer totalement le coke en sidérurgie ?

Comme carbone de charge en four à arc électrique et pour le laitier moussant, le biochar remplace souvent totalement l'anthracite ou le coke. Au haut fourneau et en four à arc submergé pour le ferrochrome, la substitution est partielle et dépend du four et des résultats d'essais.

Comment le biochar réduit-il les coûts CBAM et EU ETS ?

Le carbone issu de biomasse durable est compté comme zéro émission selon les règles de l'EU ETS. Remplacer les réducteurs fossiles diminue les émissions de scope 1 déclarées, donc les quotas à acheter et les émissions intrinsèques déclarées au titre du CBAM.

Quelle est la teneur en carbone fixe du biocarbone Pamecarbon ?

Le biocarbone calciné contient 85 à 95 % de carbone fixe, les qualités sans soufre et sans phosphore à partir de 80 %. Les valeurs exactes de chaque lot figurent sur le certificat d'analyse.

Comment lancer un essai ?

Demandez 2 à 5 kg d'échantillons, expédiés sous 5 à 7 jours ouvrés avec les données de laboratoire. Après validation en laboratoire, l'étape suivante est une première commande d'un conteneur de 20 t pour un essai industriel.